mardi 26 avril 2011

Le viaduc de la Manse - 11

Le viaduc est maintenant en place, et toutes les parties à réaliser le seront plus ou moins en même temps, ce qui pourra se voir sur certaines photos dans la présentation des diverses étapes à suivre.

La pose de la voie est précédée par celle du tablier découpé dans du médium de 3mm.
Avant de le coller, il faut s'assurer de la planéité de l'emplacement sur l'ouvrage et de l'alignement des trottoirs : parfois un peu de plâtre, mais aussi du ponçage.

Une découpe précise sera faite pour la partie de tablier posée sur l'arche mobile n°8.
Un "lit" de colle vinylique est étendu pour recevoir ce tablier en médium. Des "cubes" de plomb d'environ 500g chacun sont posés; ils évitent des déformations.

Lorsque c'est sec, on peut positionner les deux voies et les coller de la même manière, en veillant à la bonne rectitude de chacune. Notons toutefois que si l'entr'axe des deux voies est de 30mm à chaque extrémité de module, il est abaissé à 27mm sur le viaduc.
Au niveau de l'arche mobile n°8, les rails seront coupés après séchage, cet élément devant pouvoir être enlevé lorsqu'on sépare les deux modules. Les rails seront préparés pour recevoir des éclisses dont le rôle est d'assurer l'alignement et la continuité électrique.

Avant de poser le ballast, les trottoirs reçoivent une couche de peinture marron clair. Le ballast est alors posé selon les méthodes traditionnelles, la colle blanche (avec 50% d'eau et quelques gouttes de produit à vaisselle) est mise avant (photo) ou après entre les traverses.

Sur le viaduc court, pour chaque voie, un contre-rail de sécurité. Il s'appuie sur les goujons de maintien des rails, reçoit un peu d'araldite sous sa semelle. Quelques épingles font le maintien en bonne position, et les cubes de plomb sont à nouveau pour cela .

Pour le plaisir, quand cela s'achève, j'installe un TGV sur la voie, comme en vrai, même si manque encore la caténaire...

Le viaduc de la Manse - 12

Les parapets ont été coulés (voir plus haut) dans une pâte céramique, plus fine et mieux résistante que le plâtre, qui acceptera d'être percée lorsqu'ils seront surmontés d'une main courante améliorant le sécurité de ceux qui auront à venir sur le viaduc. Les 32 pièces sont collées à la colle vinylique.

Au niveau de chaque pile le parapet laisse la place à un refuge.

Les refuges sont en fer forgé d'un détail irréalisable pour moi, mais dont je garderai l'esprit. On les travaillera plus tard et seront présentés dans ce chapitre.

Mais, toutes les trois arches, la ligne ayant été électrifiée dans les années 1930, il y a un refuge spécial, en pierre et béton, appelé à supporter les portiques porte-caténaires.

Ces douze refuges sont découpés dans deux épaisseurs de médium de 3mm, sculptés, collés en place et percés à 0.5 pour recevoir ces portiques.

Le viaduc de la Manse - 13

D'après les plans de 1932, je peux fabriquer les 6 portiques porte-caténaires qui sont dressés sur le viaduc.

Dans l'étape précédente, je précisais qu'ils étaient implantés sur des refuges spécialement construits pour les recevoir.

Ces portiques sont réalisés en profilés laiton, et à l'échelle du 1/160; on ne peut que s'approcher des dimensions réelles : profilé en U de 1,6x0,6 pour les montants, et aussi en L 1x0,6, plat de 1x0,5, des ronds de 0,5 et 0,4.

Le travail se fait sur des copies du plan à l'échelle du 1/160, avec des bouts d'épingles ou des épingles entières, pour maintenir les pièces à souder qu'il faut d'abord étamer.
Les isolateurs sont faits de rondelles de plastique et de petits morceaux de gaine de fil électrique.

A l'entrée comme à la sortie du viaduc, il y a des poteaux porte-caténaires pour la reprise de la ligne normale. Il m'en faut quatre, avec un support de caténaire plus fort parce qu'ils sont en extrémité de module et de caténaire.
Un dessin s'impose d'abord, précis, puisqu'il servira aussi de gabarit fixé sur une chute de contreplaqué.
Les pièces constitutives en laiton seront découpées mises en forme, et toujours étamées avant soudage.
3 photos sont plus parlantes qu'un long discours, surtout que ma méthode est inchangée...

Le viaduc de la Manse - 14




Tant qu'on en est au soudage, il y a les refuges à construire. Ils ont au nombre de 20, dont 4 particuliers au niveau de l'arche mobile n°8, sachant que l'emplacement des 6 portiques est aménagé autrement. Leurs garde-fous sont en fer forgé, et comme le montre la 1ère photo, irréalisables en N vue leur complexité; mais cette photo nous montre un détail intéressant: ils débordent de chaque pile!
Ils doivent mesurer 13/14mm de large pour 10 de profondeur et 6 mm seulement de haut (hauteur semblable à celle des parapets, lesquels devront être surmontés d'une main courante pour améliorer la sécurité des cheminots). Voilà bien un défi.
Après quelques réflexions et essais, j'ai opté pour la solution visible sur les photos : 2 rangs de fil de laiton de 3/10 surmontés d'un rang de 4/10mm avec deux chandelles de 4/10 aussi.
Maintenant, il faut une astuce pour le maintien avant soudage, que la photo nous montre: coincer les U de laiton entre des épaisseurs de carton: 1,5mm de carton + fil de 0,3 + 1,5mm de carton + fil de 0,3 + 2mm de carton + fil de 0,4 + cale de serrage = 6mm. A l'arrière deux pattes pour enficher ces garde-fous. L'épaisseur de la petite plaque de laiton (0,1) qui permet l'avancée, est négligeable.
Le fil de 0,3, que j'utilisais pour les caténaires, manque de rigidité, et tous les refuges devront être revus pour redresser ces fils avant fixation définitive.
Après les premiers essais d'apprentissage, il faut 20mn pour une pièce.

Reste à faire la caténaire : ce sera pour plus tard, après l'essentiel des phases de décoration que nous allons pouvoir aborder.

Le viaduc de la Manse -15

Le décor.


Maintenant que tout est en place, y compris la pose du câblage, non visible bien sûr, je peux aborder la partie décoration. Elle commence par la préparation des volumes avec la découpe et le collage du polystyrène.

Ensuite, une couche de plâtre à modeler, en moyenne de 5mm d'épaisseur, vient affirmer les formes du relief. Un ponçage est nécessaire pour gommer les irrégularités du plâtre sec.

Arrive le moment si délicat de la mise en couleur : trouver une teinte pour le sol n'est pas trop difficile. La route est peinte, les chemins reçoivent de la terre à décor.
Par contre, de nombreux essais sont nécessaires pour la couleur ocrée du viaduc. Lorsque celle-ci aura été posée, il faut patiner le viaduc avec les coulures d'humidité, noires, brunes, ou blanches. Les photos donnent une idée du résultat.
Avec de la colle vinylique diluée à 50%, complétée de quelques gouttes de produit à vaisselle, l'herbe est posée, faite de divers flocages. Dans les deux bras de la Manse, de la ficelle "détorsadée" teinte en vert est collée à la vinylique non diluée.

Les arbres sont faits à base de brins choisis et retaillés de zeeschuim encollés avant de recevoir du flocage imitant le feuillage.


Ils sont plantés de façon à rappeler au mieux le site réel.










Enfin, la résine est versée pour imiter l'eau des cours d'eau.Les flancs des modules sont peints.

Le viaduc de la Manse - 16

L'ajout de ballast sur le pont a peu à peu réduit la hauteur apparente du parapet, il a alors fallu y remédier en le surmontant de mains courantes.
Il faut fabriquer les 34 pièces. Elles sont en fils de laiton de 4/10mm soudés un à un. Peintes, elles sont implantées et collées une à une à leur place, les parapets en plâtre céramique (plus résistant que le plâtre à modeler) étant percés des trous nécessaires.

Le viaduc de la Manse - 17


La signalisation.

En fait, en dehors de quelques panneaux de sécurité et d'une armoire, c'est à un seul signal que nous avons affaire. Il concerne la voie venant de Tours, et il est implanté juste à l'entrée du viaduc: voilà pourquoi il doit être présent.
A partir de photos et de quelques mesures prises sur place, le plan est dessiné à l'échelle du 1/160e, ce qui nous fait un signal d'une hauteur totale de 37mm!
Les différents éléments sont en laiton de 2/10mm. Les "trous" du mât sont limés; il est en deux parties pliées puis soudées. La plate-forme est percée d'un trou de 2mm, ainsi que la base, pour le passage des quatre fils électriques alimentant les leds.
La cible est aussi en laiton de 0,2. Quatre trous sont percés à 1,5, puis agrandis à 1,8 pour recevoir les leds de 1,8mm.
Les bonnettes sont en laiton de 1/10; elles sont découpées avec des ciseaux, puis mises en forme sur la queue d'un foret de 2mm, avant d'être soudées sur la cible.
Le garde-corps est en fil de laiton de 4/10, ainsi que l'échelle. Seul la grille, tirée d'une clôture de chez Faller, sera collée.
Les leds de 1,8 sont collées (2 rouges, 1 verte et 1 jaune). Leurs bornes de masse sont reliées entre elles, les positifs de chaque led reçoivent un fil de couleur. Faire passer les quatre fils dans le mât demande un peu d'astuce et de patience: souder le fil qui ne veut pas passer au bout d'une tige de laiton de 0,4 résout la question.
Les feux sont testés avec succès.
La mise en peinture est effectuée: gris, noir, rouille. sur la cible, la bande blanche qui cerne les feux est faite d'un mince ruban de papier collé.
Le moment est venu de mettre le signal en place, de faire passer les fils d'alimentation, de le coller sur sa base en béton.
L'alimentation effective sera faite dans un second temps, et la fonctionnalité des feux, au moins pour le vert et le rouge ne se raccordera à aucun autre module, surtout si l'on se raccorde à d'autres clubs. La solution bâtarde consistera alors à utiliser deux pédales Arnold, la première à l'entrée des modules pour que le signal passe au rouge, redevienne vert par la seconde à la sortie des modules...

Un relais bistable complètera la chose, tout comme il faudra installer un petit transformateur sous les modules qui ainsi seront totalement indépendants.

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La caténaire !
C'est donc la partie finale visible à effectuer, car il ne restera plus qu'à finaliser les branchements électriques pour entrer dans un réseau, sachant que tous les fils sont en attente sous les modules.

Fabriquer de la caténaire ne m'est pas nouveau: Lorsque j'ai "électrifié" la gare de Montmédy et quelques autres modules, j'ai employé la technique présentée par M. Beaumont il y a maintenant pas mal d'années dans Loco-Revue (1983). Cela avec succès, puisque ces caténaires fabriquées en fil de laiton de 3/10e dans les années 1980 sont toujours en place, tendues par des masselottes de plomb de 300g sous les modules, et ont supporté plusieurs voyages pour déménagements et expositions...
Mais ce fil a un défaut que la tension neutralise: il ne reste pas rigide sans ces poids et donne une caténaire de mauvaise allure.
En effet, le viaduc ne permet pas, parce qu'isolé, et de par sa conception, de tendre la caténaire. Il fallait trouver autre chose. J'ai alors mis en pratique ce que fait J.Y. Page: j'ai acheté de la corde de guitare, et oui! L'acier nickelé reste rectiligne et accepte la soudage à l'étain.Je suis donc allé chez un marchand de guitares pour acheter des cordes de 0,3mm et 0,23mm.
Si pour le viaduc, leur longueur va tout juste, elles mesurent environ 1 mètre pour 975mm nécessaires, elles sont trop courtes pour des modules plus longs!! Conclusion: sauf à trouver de ce fil en bobines (peut-être que quelqu'un me donnera la clé?), il ne remplacera pas ma vieille caténaire qui va jusqu'à 1,80m de long.Ces considérations faites, passons au travail:
D'abord relever précisément les distances d'un poteau à l'autre, puis la distance des points de fixation des fils porteur et de contact.
Ensuite, sur une bande de médium, tracer la ligne du fil de contact (en 0,3), dessiner l'emplacement des pendules. Des épingles vont permettre de former la caténaire, de positionner et tendre le fil de contact avec un élastique fort, puis le fil porteur (0,23).
Enfin, le soudage délicat des pendules en 0,23.
Pour ne pas brûler le médium qui encrasserait la soudure, je glisse un petit morceau de papier aluminium sous les fils. Je glisse du fil pour le pendule (0,23) sous le fil porteur contre le fil de contact. Je maintiens les deux fils avec deux doigts, mets une goutte de décapant avec le pinceau et, avec la pointe du fer à souder, une perle d'étain est mise; c'est rapide et n'a pas le temps de chauffer les doigts!Avec une petite pince coupante je coupe le pendule à bonne longueur et pratique la même opération de soudage au fil porteur.
Quand tous les pendules sont soudés, à une extrémité, je coude le fil de contact deux fois pour venir sur le fil porteur et mettre un point de soudure. Même chose de l'autre côté.
La caténaire est prête.
Il faut la rincer pour enlever les restes de décapant, la sécher avant de la mettre en place. Le fil porteur est glissé dans le crochet du haut de chaque console, le fil de contact est soudé sous le bras de rappel: attention, la soudure est fine et ne doit pas aller sous le fil, sinon les pantographes accrocheront!
La liaison entre les deux modules est faite d'un coupon de caténaire (j'aurais préféré prolonger l'une des deux caténaires si les cordes avaient été plus longues) qui s'accroche tout simplement en place quand les modules sont montés.
Et maintenant on roule!

Le viaduc de la Manse - 19


Terminons ce long travail par quelques vues, sans ordre particulier...










































































Enfin, la surprise est cette gravure qu'un ami m'a transmise. Elle date de l'époque où Napoléon III a inauguré successivement la ligne Paris-Tours en 1851, la prolongation vers Bordeaux en 1854, et entre les deux, le 15 octobre 1852, l'inauguration de notre viaduc. La gravure semble dater de la première, à savoir le 1er juillet 1851, mais cela reste à vérifier; elle n'en demeure pas moins intéressante, et marque pour moi la fin de mon travail, commencé en mars 2011, achevé par ces dernières lignes le 19 décembre 2011.
Le viaduc sera présenté dans le réseau de l'association lors de la 3e exposition des 2 et 3 juin 2012, puis deux semaines après au salon du Ripault, là où oeuvre le club, avant de participer à l'exposition d'Orléans en novembre 2012.