mardi 26 avril 2011

Le viaduc de la Manse - 6


Réalisation des arches.

Il en faut 15...

La méthode employée est semblable à celle des piles.

En premier lieu, il faut étudier la forme; la vue de dessus visible sur le premier dessin de la première étape de cette réalisation du viaduc, nous indique le choix fait: partager en biais l'arrivée des arches sur les piles pour avoir une assise suffisante des deux côtés, et non pas seulement 3mm d'un côté, avec le joint sur un angle rentrant. Il faut aussi prévoir un sens, parce que même si les plâtres ont l'air symétriques, les extrémités ne le sont pas réellement: donc il faut les repérer par un signe (triangle creusé à une extrémité du rectangle simulant le tablier lors du moulage des arches, de façon à les installer tête-bêche). Le moule sera modifié pour les arches 1 et 15 dont une extrémité se terminera à angle droit pour venir s'appuyer sur l'épaulement des culées (dernière photo).

L'épaisseur de l'arche en son sommet doit être maximale pour ne pas risquer de la fragiliser, parce qu'il faudra prévoir un plan de roulement en contreplaqué de 3mm pour assurer la bonne planéité du tablier recevant les voies ainsi que l'épaisseur de celles-ci. Si cet espace ne peut être prévu sur le modèle maître, il faudra y penser lors de la réalisation des 15 arches (c'est la pièce rectangulaire scotchée de marron que l'on voit sur la quatrième photo). Donc, coulons un bloc de plâtre assez proche de l'allure des arches en utilisant une forme en carton. Lorsqu'elle est démoulée, cette pièce est travaillée à la scie, à la râpe, au papier de verre, au cutter. Il faut ensuite graver les pierres au lignes mesurées et gravées au réglet et au cutter (lame utililsée à l'envers), et voilà le modèle maître réalisé (2e photo).





Comme pour les piles, un étui en contreplaqué est préparé, la voûte restant en carton, marouflé soigneusement de scotch marron. Le modèle maître est retourné et fixé avec du double face sur une planchette, l'étui venant coiffer le tout (3e photo). On s'assure au mieux de l'étanchéité de l'ensemble avant de verser le silicone...



Quelques heures après, le moule est sorti et prêt pour couler les arches. Ce qui se fait, avec la même attention que pour les piles. Vient s'ajouter dès le plâtre versé, par pression, le rectangle cité plus haut. 13 arches sont ainsi faites.





Le moule est légèrement modifié avec une entretoise cartonnée pour faire les arches 1 et 15 dont il fut parlé plus haut (dernière photo).





Je vais pouvoir m'occuper des deux culées.

Le viaduc de la Manse - 7

Fabrication des culées.

Deux culées à réaliser.
Vu que pour l'essentiel elles seront noyées, sur un bâti de carton de 3mm, avec une forme en carton marouflée qui sera utilisée deux fois, je coule la masse brute des deux culées.



On retrouve ensuite le travail des autres parties: sciage, râpage, striage,...
















Les culées sont faites. Je peux maintenant m'offrir le plaisir d'un premier montage du viaduc!!!

Un vrai plaisir.
Je vais dans la foulée araser ce qui doit l'être, ordonner et numéroter les pièces. Prochaine étpae: les parapets.

Le viaduc de la Manse - 8

Les parapets.

Il me faut couler 30 pièces + 4 pour les culées.
Epaisses de 3mm sur le haut, et hautes de 7mm, je ne les traite pas en plâtre, trop fragile. J'utilise une "poudre céramique" qui donne un résultat plus fin et un peu plus solide. Cependant, ces pièces resteront fragiles... Vu leur taille, je fabrique 3 modèles maîtres en... carton! Matière qui peut être gravée pour marquer les pierres. Fixés avec du double-face sur un carton, le silicone est alors versé.

Le démoulage s'avère peu aisé : le silicone s'introduit entre les fibres de carton qu'il faut arracher bout par bout... Enfin le moule est prêt, le coulage peut commencer pour l'obtention des pièces.

Le viaduc de la Manse - 9

Les deux modules.

Ils sont construits en contreplaqué de 10mm, collés, cloués, vissés, à partir de panneaux bien équerrés, longs chacun de 1,20m, larges de 0,45m. Le lit des deux bras de la Manse sont visibles. On constate 5cm de plus en largeur par rapport aux modules de base AFAN pour éloigner d'autant le viaduc du bord des modules, puisque l'axe des voies sur ces modules de base sont respectivement à 58 et 88mm du bord. J'opte donc pour 108 et 138mm.
Les deux modules sont posés sur 3 pieds facilement démontables : un seul écrou à oreille à desserrer par pied.

L'important est au niveau de la liaison des deux modules, parce que le viaduc ne permettra pas le moindre écart. Comme on le voit sur la photo, il y a deux chevilles de 10 dans deux trous de 10 pour la bonne tenue et deux boulons pour serrer les modules. Sur la troisième photo, je me suis plu à imaginer la position des voies par deux fils rouges... Maintenant arrive le long moment de la construction en place du viaduc!

Le Viaduc de la Manse - 10.

Pose des piles et des arches.
Avec un niveau, je m'assure que les deux modules sont sur le même plan. il faut tracer l'alignement des piles, puis à partir du milieu, les positionner. Un fil est tendu d'un bout à l'autre à hauteur du haut des piles pour aider à cet alignement. Une semelle de 3mm en médium, de même surface que le pied des piles, est collée à l'emplacement de chaque pile; ce sont 3mm de marge pour le décor futur.









Je commence par la pile n°7. On peut voir sur la photo une pièce en carte en forme de U pour confirmer le verticalité des piles: une cale sur un côté, d'épaisseur variable (de la simple feuille de papier à une épaisseur de 1,5mm) est collée. Puis j'approche la pile 6 en utilisant la voûte n°7 pour ajuster son positionnement, et la colle. Je fixerai cette arche plus tard.

De pile en pile, les collant à chaque fois après essai de chaque arche que je colle ensuite, après lui avoir fait une entaille conique à la râpe, constituant un conduit pour y couler du plâtre. J'arrive à la première culée, la centre, la colle.

Je peux passer à l'autre module. La difficulté est dans le positionnement de l'arche n°8, reliant les deux modules et qui restera amovible. Il faut là être très attentif.

Puis, comme pour le premier module, les piles de 8 à 14 sont mises en place avec leurs arches, la quinzième venant s'appuyer sur l'autre culée.

Au fur et à mesure de ce travail, je coince un petit carré de bristol entre pile et arche, de chaque côté, pour prévenir du plâtre liquide qui pourrait couvrir chaque pile. En effet, aussi soigneusement qu'aient été préparées les piles pour leur hauteur, niveau et alignement, les arches posées offrent des écarts qu'il faut combler, d'où l'aide de ces ouvertures coniques. Du plâtre très très liquide est coulé dans ces trous au préalable bien mouillés (d'ailleurs tous les collages à la colle blanche vinylique sont précédés du bon mouillage des surfaces en contact, pour favoriser la pénétration de la colle). Les joints extérieurs visibles entre les arches sont comblés.

Lorsque tout est sec, le tablier est poncé à la râpe pour bien le niveler et alors, deux bandes de médium de 3mm larges de 48mm, glissent parfaitement dans leur emplacement sur le viaduc et aboutissent à l'emplacement prévu sur les extrémités des modules.

Il n'y a plus qu'à nettoyer le chantier pour apprécier le travail atteint. Restent des petits travaux à accomplir pour ajuster le haut du viaduc qui recevra les parapets.

Le viaduc de la Manse - 11

Le viaduc est maintenant en place, et toutes les parties à réaliser le seront plus ou moins en même temps, ce qui pourra se voir sur certaines photos dans la présentation des diverses étapes à suivre.

La pose de la voie est précédée par celle du tablier découpé dans du médium de 3mm.
Avant de le coller, il faut s'assurer de la planéité de l'emplacement sur l'ouvrage et de l'alignement des trottoirs : parfois un peu de plâtre, mais aussi du ponçage.

Une découpe précise sera faite pour la partie de tablier posée sur l'arche mobile n°8.
Un "lit" de colle vinylique est étendu pour recevoir ce tablier en médium. Des "cubes" de plomb d'environ 500g chacun sont posés; ils évitent des déformations.

Lorsque c'est sec, on peut positionner les deux voies et les coller de la même manière, en veillant à la bonne rectitude de chacune. Notons toutefois que si l'entr'axe des deux voies est de 30mm à chaque extrémité de module, il est abaissé à 27mm sur le viaduc.
Au niveau de l'arche mobile n°8, les rails seront coupés après séchage, cet élément devant pouvoir être enlevé lorsqu'on sépare les deux modules. Les rails seront préparés pour recevoir des éclisses dont le rôle est d'assurer l'alignement et la continuité électrique.

Avant de poser le ballast, les trottoirs reçoivent une couche de peinture marron clair. Le ballast est alors posé selon les méthodes traditionnelles, la colle blanche (avec 50% d'eau et quelques gouttes de produit à vaisselle) est mise avant (photo) ou après entre les traverses.

Sur le viaduc court, pour chaque voie, un contre-rail de sécurité. Il s'appuie sur les goujons de maintien des rails, reçoit un peu d'araldite sous sa semelle. Quelques épingles font le maintien en bonne position, et les cubes de plomb sont à nouveau pour cela .

Pour le plaisir, quand cela s'achève, j'installe un TGV sur la voie, comme en vrai, même si manque encore la caténaire...

Le viaduc de la Manse - 12

Les parapets ont été coulés (voir plus haut) dans une pâte céramique, plus fine et mieux résistante que le plâtre, qui acceptera d'être percée lorsqu'ils seront surmontés d'une main courante améliorant le sécurité de ceux qui auront à venir sur le viaduc. Les 32 pièces sont collées à la colle vinylique.

Au niveau de chaque pile le parapet laisse la place à un refuge.

Les refuges sont en fer forgé d'un détail irréalisable pour moi, mais dont je garderai l'esprit. On les travaillera plus tard et seront présentés dans ce chapitre.

Mais, toutes les trois arches, la ligne ayant été électrifiée dans les années 1930, il y a un refuge spécial, en pierre et béton, appelé à supporter les portiques porte-caténaires.

Ces douze refuges sont découpés dans deux épaisseurs de médium de 3mm, sculptés, collés en place et percés à 0.5 pour recevoir ces portiques.

Le viaduc de la Manse - 13

D'après les plans de 1932, je peux fabriquer les 6 portiques porte-caténaires qui sont dressés sur le viaduc.

Dans l'étape précédente, je précisais qu'ils étaient implantés sur des refuges spécialement construits pour les recevoir.

Ces portiques sont réalisés en profilés laiton, et à l'échelle du 1/160; on ne peut que s'approcher des dimensions réelles : profilé en U de 1,6x0,6 pour les montants, et aussi en L 1x0,6, plat de 1x0,5, des ronds de 0,5 et 0,4.

Le travail se fait sur des copies du plan à l'échelle du 1/160, avec des bouts d'épingles ou des épingles entières, pour maintenir les pièces à souder qu'il faut d'abord étamer.
Les isolateurs sont faits de rondelles de plastique et de petits morceaux de gaine de fil électrique.

A l'entrée comme à la sortie du viaduc, il y a des poteaux porte-caténaires pour la reprise de la ligne normale. Il m'en faut quatre, avec un support de caténaire plus fort parce qu'ils sont en extrémité de module et de caténaire.
Un dessin s'impose d'abord, précis, puisqu'il servira aussi de gabarit fixé sur une chute de contreplaqué.
Les pièces constitutives en laiton seront découpées mises en forme, et toujours étamées avant soudage.
3 photos sont plus parlantes qu'un long discours, surtout que ma méthode est inchangée...

Le viaduc de la Manse - 14




Tant qu'on en est au soudage, il y a les refuges à construire. Ils ont au nombre de 20, dont 4 particuliers au niveau de l'arche mobile n°8, sachant que l'emplacement des 6 portiques est aménagé autrement. Leurs garde-fous sont en fer forgé, et comme le montre la 1ère photo, irréalisables en N vue leur complexité; mais cette photo nous montre un détail intéressant: ils débordent de chaque pile!
Ils doivent mesurer 13/14mm de large pour 10 de profondeur et 6 mm seulement de haut (hauteur semblable à celle des parapets, lesquels devront être surmontés d'une main courante pour améliorer la sécurité des cheminots). Voilà bien un défi.
Après quelques réflexions et essais, j'ai opté pour la solution visible sur les photos : 2 rangs de fil de laiton de 3/10 surmontés d'un rang de 4/10mm avec deux chandelles de 4/10 aussi.
Maintenant, il faut une astuce pour le maintien avant soudage, que la photo nous montre: coincer les U de laiton entre des épaisseurs de carton: 1,5mm de carton + fil de 0,3 + 1,5mm de carton + fil de 0,3 + 2mm de carton + fil de 0,4 + cale de serrage = 6mm. A l'arrière deux pattes pour enficher ces garde-fous. L'épaisseur de la petite plaque de laiton (0,1) qui permet l'avancée, est négligeable.
Le fil de 0,3, que j'utilisais pour les caténaires, manque de rigidité, et tous les refuges devront être revus pour redresser ces fils avant fixation définitive.
Après les premiers essais d'apprentissage, il faut 20mn pour une pièce.

Reste à faire la caténaire : ce sera pour plus tard, après l'essentiel des phases de décoration que nous allons pouvoir aborder.

Le viaduc de la Manse -15

Le décor.


Maintenant que tout est en place, y compris la pose du câblage, non visible bien sûr, je peux aborder la partie décoration. Elle commence par la préparation des volumes avec la découpe et le collage du polystyrène.

Ensuite, une couche de plâtre à modeler, en moyenne de 5mm d'épaisseur, vient affirmer les formes du relief. Un ponçage est nécessaire pour gommer les irrégularités du plâtre sec.

Arrive le moment si délicat de la mise en couleur : trouver une teinte pour le sol n'est pas trop difficile. La route est peinte, les chemins reçoivent de la terre à décor.
Par contre, de nombreux essais sont nécessaires pour la couleur ocrée du viaduc. Lorsque celle-ci aura été posée, il faut patiner le viaduc avec les coulures d'humidité, noires, brunes, ou blanches. Les photos donnent une idée du résultat.
Avec de la colle vinylique diluée à 50%, complétée de quelques gouttes de produit à vaisselle, l'herbe est posée, faite de divers flocages. Dans les deux bras de la Manse, de la ficelle "détorsadée" teinte en vert est collée à la vinylique non diluée.

Les arbres sont faits à base de brins choisis et retaillés de zeeschuim encollés avant de recevoir du flocage imitant le feuillage.


Ils sont plantés de façon à rappeler au mieux le site réel.










Enfin, la résine est versée pour imiter l'eau des cours d'eau.Les flancs des modules sont peints.

Le viaduc de la Manse - 16

L'ajout de ballast sur le pont a peu à peu réduit la hauteur apparente du parapet, il a alors fallu y remédier en le surmontant de mains courantes.
Il faut fabriquer les 34 pièces. Elles sont en fils de laiton de 4/10mm soudés un à un. Peintes, elles sont implantées et collées une à une à leur place, les parapets en plâtre céramique (plus résistant que le plâtre à modeler) étant percés des trous nécessaires.